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Les Compositeurs
Téléchargez ici le palmarès complet du Concours Reine Elisabeth, de 1937 à 2019.
Personnalités
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Compositeur, pédagogue et critique, Jean Absil était membre de l’Académie royale de Belgique. Son premier contact avec la musique se fait par l’apprentissage du bugle. Plus tard, il se hisse sur le banc de l’orgue à la basilique de Bonsecours, dont son père, François, est sacristain, et où il devient l’élève d’Alphonse Oeyen, lui-même élève d’Edgar Tinel. Il entre ensuite à l’Ecole Saint-Grégoire à Tournai. En 1913, on le retrouve au Conservatoire de Bruxelles où, malgré la recommandation de Louis De Looze, directeur de la Société de Musique de Tournai, mais vu qu’il a presque vingt ans, il est d’abord refusé par le directeur Léon Du Bois. C’est grâce à l’intervention de Mgr Ladeuze, recteur de l’Université catholique de Louvain, qu’il est accepté dans la classe d’orgue d’Alphonse Desmet et suit les leçons d’harmonie pratique d’Edouard Samuel. Malgré la difficile période de la guerre, pendant laquelle il se voit forcé de subvenir à ses besoins, Jean Absil obtient en 1916 des premiers prix d’orgue et d’harmonie écrite (dans la classe de Martin Lunssen), suivis un an plus tard des prix de contrepoint et fugue avec Léon Du Bois. Ce brillant prix de fugue remporté d’emblée après quelques mois d’études ne le satisfait pas, mais Du Bois refuse de laisser le jeune homme se perfectionner dans ce domaine. Se tournant délibérément vers la composition, Jean Absil rencontre Paul Gilson en 1920 et suit avec ce dernier des cours de composition et d’orchestration. Sa première symphonie, d’allure encore quelque peu scolaire, est couronnée par le Prix Agniez tandis que sa cantate La guerre lui vaut un second Prix de Rome (1921), ce qui lui ouvre les portes du professionnalisme et subsidiairement celles de la direction de l’Académie de Musique d’Etterbeek qui aujourd’hui porte son nom. En 1930, Jean Absil est appelé à enseigner l’harmonie au Conservatoire royal de Bruxelles, puis en 1939 la fugue. Il a ainsi l’occasion de former l’élite musicale du lendemain : parmi ses étudiants, on remarque entre autres de futurs directeurs de conservatoires, des compositeurs, des concertistes et des pédagogues comme Sylvain Vouillemin, Camille Schmit, Marcel Quinet, Henri Pousseur, Jacques Leduc, Arthur Grumiaux, Carlo Van Neste, Jenny Solheid, Jean-Claude Baertsoen, Max Vandermaesbrugge. Il espérait à juste titre une fin de carrière comme directeur du Conservatoire et sa déception fut grande lorsque, pour des raisons probables d’alternance linguistique, Marcel Poot fut nommé à la tête de l’établissement. Il ne deviendrait donc pas professeur «officiel» de composition, mais nombre de jeunes compositeurs le prirent comme mentor en allant le consulter dans son studio du 22, avenue du 11 Novembre à Etterbeek. On retrouve donc sous sa houlette privée des compositeurs, dont certains avaient déjà pu se forger une opinion de ses capacités d’enseignant au Conservatoire. Citons Marcel Quinet, Jacques Leduc, Paul-Baudouin Michel, Victor Legley, Jan Decadt ou Richard de Guide qui rédigera en 1965 une monographie consacrée au compositeur. Celle-ci le définit en tant que professeur : Absil ne correspond aucunement à la figure romantique d’artiste sentimental, mais laisse transparaitre une sensibilité raffinée, une intransigeance absolue vis-à-vis des prérequis théoriques de l’écriture et une «redoutable intégrité». Parallèlement à l’enseignement, Jean Absil suit de près l’évolution de la musique contemporaine : il côtoie Paul Collaer et le Quatuor Pro Arte. Après l’obtention du Prix Rubens en 1934, il fait un séjour à Paris où il rencontre ses homologues français, notamment Florent Schmitt, et surtout le compositeur Pierre Octave Ferroud qui le pousse à fonder, à l’image du groupe parisien Le Titron, une société de jeunes compositeurs. Nouvel avatar aquatique, La Sirène, regroupe ainsi outre Absil de jeunes compositeurs comme Pierre Chevreuille, Marcel Poot ou André Souris. Les préoccupations du compositeur sont également d’ordre critique et esthétique. Il rédige et publie en 1937 une brochure intitulée Les postulats de la musique contemporaine, que Darius Milhaud honore d’une préface. (...) En 1938 il obtient le prix de composition pour le premier Concours Ysaÿe de piano, où son concerto, soutenu par l’interprétation d’Emil Guilels, remporte un véritable triomphe. Cette même année, il fonde, avec Stanilas Dotremont et Charles Leirens, La revue internationale de musique (RIM). Les contacts internationaux de ses collaborateurs et sa réputation grandissante à l’étranger font de cette initiative une entreprise appuyée par des personnalités internationales tels Daniel-Rops, Le Corbusier, André Maurois ou Marcel Dupré. Jean Absil y ouvre une section de «Documentation critique» dans laquelle on trouve l’analyse des œuvres nouvelles, une revue des livres et une revue des revues. (...) La plume critique d’Absil ressuscite dès 1955, dans le Bulletin de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique qui l’accueille en tant que correspondant. Il y dénonce les anachronismes du Prix de Rome (1959), écrit les éloges d’académiciens disparus (1962, Raymond Moulaert; 1965, Joseph Ryelandt) et un article particulièrement intéressant sur Paul Hindemith (1964), qui avait été élu membre associé de l’Académie en 1956. La personne d’Hindemith est mise en valeur tant sur le plan théorique qu’esthétique et Jean Absil souligne les qualités du compositeur de Gebrauchsmusik qui met la musique savante dans les mains des amateurs, rôle qu’ill endossera avec ses chœurs pour enfants ou ses pièces dédiées à la pratique en académies de musique. Entre-temps, il est devenu membre de l’Académie (1962). Il en devient président tout en dirigeant la Classe des Beaux-Arts (1968), ce qui traditionnellement lui permet d’écrire un discours qu’il consacre à l’humour en musique. Au plan compositionnel, Jean Absil lit et analyse la musique de ses contemporains et tout en tenant compte des différents courants, mais sans en adopter aucun de manière systématique, se crée petit à petit un style personnel. Dans son poème symphonique La mort de Tintagiles (op. 3, 1923-1926), d’après Maeterlinck, Absil utilise à la fois la polytonalité et l’atonalité, et fait usage du leitmotiv, technique qu’il abandonne par la suite. Sa Rhapsodie flamande (op. 4, 1928) fait hommage à l’enseignement de Gilson. Son Quatuor à cordes n° 1 (op. 5, 1929) marque un tournant dans son œuvre. Au contact de la musique de Schoenberg (particulièrement de son Pierrot lunaire), de Stravinsky, de Milhaud ou d’Hindemith, pour n’en citer que quelques-uns, l’écriture d’Absil se libère du joug de la scolastique et sa production devient plus originale. Il se met à élaguer le superflu, se libère du foisonnement orchestral - héritage de l’enseignement slavophile de Gilson - pour se soumettre à l’écriture exigeante de la musique de chambre. Ainsi, de 1929 à 1937, il n’écrit que peu d’œuvres orchestrales. Citons cependant son Concerto pour violon et orchestre n° 1 (op. 11, 1933) et sa Symphonie n° 2 (op. 26, 1936). Son écriture favorise l’autonomie des différentes voix, en leur donnant des cellules à déployer, tournant autour de quelques notes «polaires» qui ponctuent ce que l’on peut appeler le mode mélodique, tenant compte plus de l’aspect horizontal qu’harmonique. Ces cellules bourgeonnent spontanément dans une écriture contrapuntique. (...) Sur le plan rythmique, le goût objectif, positiviste d’Absil ne l’autorise pas à écrire «flou». Sa musique révèle une grande invention rythmique déjà présente dans son Trio à cordes. Les changements métriques ne manquent pas, mais il faut remarquer que les mesures à sept ou onze temps ne donnent pas une impression d’arythmie car elles s’adaptent parfaitement aux contours du phrasé. Cette métrique particulière est présente dans certaines musiques populaires dont il s’inspire. Pensons aux diverses pièces relevant des traditions roumaines, bulgares, brésiliennes ou chinoises. Notons au passage que le folklore lui fait souvent adopter la forme rhapsodique : Rhapsodie flamande (op. 4, 1928), Rhapsodie roumaine (op. 56, 1943), Rhapsodie brésilienne (op. 81, 1953), Rhapsodie bulgare (op. 104, 1960). La diversité rythmique est obtenue entre autres en juxtaposant des cellules paires et impaires qui impriment d’intéressants contrastes à sa musique. Sur le plan structurel, Jean Absil reste classique, mais il se tourne fréquemment vers les formes qui ont précédé la sonate, celle-ci convenant moins bien au style contrapuntique et aux motifs mélodiques qu’il affectionne. Il s’oriente volontiers vers l’aria, la gigue, la chacone, la passacaille, la suite ou encore les variations. L’esprit de la variation imprègne toute la facture de son second quatuor à cordes. On retrouve ce monothématisme dans la pratique de l’ostinato dans sa mélodie L’infidèle sur texte de Maeterlinck (op. 12, 1933). (...) Signalons encore la Fantaisie concertante pour violon, op. 99, qui, proposée en 1959 au concours de composition du Concours Reine Elisabeth, remporte le prix à l’unanimité. Pour terminer, dans un domaine allant des œuvres pédagogiques au répertoire de concert, Jean Absil se tourne vers les nouveaux instruments enseignés dans les établissements belges. C’est le cas de la guitare. On trouve son intérêt pour la guitare dans le choix des textes de ses premières mélodies : Guitare (Paul Brohée) et Autre Guitare (Victor Hugo). Pour aborder la technique complexe de cet instrument, il se fait conseiller par Nicolas Alfonso qui enseigne dès la fin des années cinquante, d’abord en Académies puis au Conservatoire royal de Bruxelles. Dans les nombreuses œuvres qu’Absil consacre à la guitare, on retrouve les caractéristiques formelles qui sont les siennes, mais avec un langage moins novateur qu’auparavant : Suite (op. 114, 1963), Pièces caractéristiques (op. 123, 1964), Sur un paravent chinois (op. 147, 1970), Petit bestiaire (op. 151, 1970)... De l’œuvre d’Absil se dégage une impression de sobriété, un intellectualisme sans cérébralité, une rigueur de l’écriture, une parfaite connaissance des courants modernistes et l’emploi du matériau dodécaphonique, mais son écriture relève plus, comme il aimait à le revendiquer, d’un classicisme libertaire.
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Necil Kâzım Akses était un membre du groupe turc « The Turkish Five », pionnier et fondateur de la génération des compositeurs de musique contemporaine turque. Il commence à jouer du violon lorsqu'il était à l'école primaire et à l'âge de quatorze ans il entame des études de violoncelle. Ses professeurs sont Mesud Cemil et Sezai Asal. Dans les dernières années de ses études au Lycée İstanbul, il suit des cours d'harmonie au Conservatoire Municipal d'Istanbul avec Cemal Resid Rey, qui devait devenir par la suite le doyen du groupe « The Turkish Five ». Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires en 1926, il est envoyé par ses parents à Vienne pour étudier la musique. Dans l'Académie de musique de Vienne, il devient l'élève de Joseph Marx en composition, et de Walther Kleinecke en violoncelle. Un an plus tard, il obtient une bourse offerte par le gouvernement turc. Il obtient son diplôme de fin d'études dans cette Académie, et poursuit sa formation musicale au Conservatoire national de Prague, où il obtient ses diplômes d'études supérieures. Au Conservatoire de Prague, des maîtres tels que Josef Suk et Alois Haba sont ses professeurs. Necil Kâzim Akses rentre en Turquie en 1934. La même année, il est nommé professeur et directeur adjoint à l'École des instructeurs de Musique d'Ankara. Au cours des deux années suivantes, il aide le compositeur allemand Paul Hindemith, invité en Turquie par le ministère de l'Éducation, pour la création du Conservatoire d'État d'Ankara. En 1636, il est nommé professeur de composition dans cette institution nouvellement créée. La même année, il rejoint une expédition de recherche effectuée à Osmaniye, un bourg d'Adana, avec Bela Bartok, Adnan Saygun et Ulvi Cemal Erkin. Tout au long de sa carrière, il offre aussi ses services en tant qu'administrateur pour certaines grandes institutions culturelles et artistiques en Turquie: en 1948, il est nommé directeur du Conservatoire, et devient le directeur général des Beaux-Arts du Ministère de l'Education nationale en 1949. Il travaillera aussi en tant qu'attaché culturel à Berne en 1954 et à Bonn entre 1955 et 1957. Entre 1958-1960, il est directeur général de L'Opéra et du Ballet nationaux de Turquie. En 1971, il occupe ce même poste à nouveau, et ce jusqu'à sa retraite un an plus tard. En 1971, Necil Kâzim Akses est élu Membre Fondateur du conseil d'administration et président par intérim du Centre Méditerranéen de Musique Comparée et Danse. Tout au long de sa carrière, il reçoit de nombreuses distinctions: Médaille de Service de Première Classe de la République fédérale d'Allemagne en 1957; Médailles du gouvernement italien, la distinction de Cavaliere Ufficiale en 1963 et Commendatore en 1972; la médaille Bourguiba d'Art et de la Culture de Tunisie en 1973, le titre d'Artiste d'Etat de la République turque en 1971, le Prix Art Atatürk en 1981 et un doctorat honorifique de l'Université d'Istanbul en 1998. Parmi certaines de ses œuvres réalisées à l'étranger, nous pouvons souligner : Ankara Kalesi (citadelle d'Ankara), interprété par l'Orchestre d'État de Berlin sous la baguette de Fritz Zaun, et enregistré par la société Polydor en 1943. Ballade, l'œuvre la plus jouée du compositeur à l'étranger à partir de 1950, est représentée à Londres, Edimbourg, Birmingham, Münster, Paris, Teplice, Cluj, Bruxelles, Vienne, Bucarest, Tunisie, Prague et Moscou. Son Poème est monté par l'orchestre symphonique de la RAI à Rome en 1949, sous la direction du chef Franco Caraccioto, et avec Antonio Saldarelli comme violoncelle solo. Itri'nin Neva Kâr'ı Üzerine Scherzo (Scherzo sur Neva Kar par Itri) est représenté à Sofia, Moscou, Le Caire et Budapest. Sa Première Symphonie est interprétée en 1968 par l'Orchestre symphonique Tonkünstler de Vienne, sous la direction de G. E. Lessing. Elle est à nouveau jouée en 1972 à Bakou, ainsi que le Concerto pour violon, sous la direction de Niyazi Tagizade et avec l'orchestre symphonique d'Azerbeijan. Sa Deuxième Symphonie est jouée au Turkménistan par l'Orkestra Saz sous la direction de Mohammed Nazar Mommadov en 1997. Son Concerto pour violon est interprété par le NDR - Radio Philharmonie Orchester, avec Rengim Gökmen comme chef d'orchestre, et le violoniste Cihat Aşkın, en plus d'autres œuvres symphoniques turques à l'EXPO 2000 (Foire de Hanovre mondiale). Dans les années 1990, ses quatuors à cordes (Nos 1 et 4) sont joués dans des villes européennes telles que Düsseldorf, Prague, Bratislava, Budapest, Pécs et Helsinki. Necil Kâzım Akses est surtout connu comme le compositeur d'une large palette d'oeuvres symphoniques. Ses compositions peuvent être étudiées à travers différents stades évolutifs. De 1929 à la fin des années 1930, il compose des œuvres telles que les Préludes et Fugues pour piano, une Sonate pour piano, une Sonate pour flûte et piano, l'Allegro Feroce et, dès son retour dans sa patrie, l'opéra en un acte intitulée Bayönder (Le chef). Cette période peut être considérée comme une quête, la recherche d'une création d'un style individuel et atonal. Comme ce fut le cas pour d'autres compositeurs de sa génération, on peut reconnaître les influences de la musique turque traditionnelle et folk dans ses premières œuvres. Cependant, Akses n'a pas copié cette musique, mais se l'est appropriée et l'a stylisée. Dans les années 1940, il entre dans une nouvelle période au cours de laquelle un style « Akses » commence à émerger et à se démarquer, en particulier dans ses oeuvres symphoniques. Ce style est lié à des modes mélodiques turcs d'une part, et d'autre part à l'idée de modalité harmonique. De manière générale, des œuvres comme Ankara Kalesi (citadelle d'Ankara), Ballade, la Première Symphonie, Concerto pour violon, Scherzo Sur Nevakâr Itri, les Dix Pièces pour piano peuvent être citées comme compositions de cette période. Progressivement, son orchestration devient plus dense. A partir de l'écriture de Bir Divandan Gazel, en 1976, il entre dans une dernière période de composition. En cette période de maturité atteinte, Akses produit des œuvres pour solistes, chœur et grand orchestre. Son écriture devient encore plus dense, il utilise de nombreuses techniques du 20e siècle, notamment la musique aléatoire. En 1985, il commence à composer sa Sixième Symphonie, intitulée Héros immortels, pour baryton solo, chœur et orchestre. Il dédie cette œuvre aux martyrs de Çanakkale (Dardanelles). Cette symphonie est restée inachevée. Necil Kâzım Akses enseigne au Conservatoire d'État d'Ankara jusqu'à la fin de sa vie. Au moment de mourir, il enseignait également la composition à la Faculté de Musique et des Arts de l'Université de Bilkent. En plus d'être un compositeur, Necil Kâzim Akses, se distingue et est également respecté comme tuteur de nombreux compositeurs des générations plus jeunes.
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